J’ai fait un jeûne de 7 jours

J’ai fait un jeûne de 7 jours

Quelle meilleure période que le confinement pour se priver de manger pendant une semaine ?

Introduction

Je ne suis pas un spécialiste, pas un nutritionniste, pas un médecin. Je suis juste un gars curieux qui a lu pas mal d’articles, vu pas mal de vidéos et qui aime bien se lancer des défis.

Au fond je voulais juste répondre à la question : « Est-ce que je suis capable de tenir une semaine sans rien manger ? ». (Spoiler : la réponse est oui).

Pourquoi jeûner ?

Il y a plusieurs années j’ai commencé à pratiquer le jeûne « intermittent », l’idée étant d’apprendre au corps à être capable de brûler les graisses plutôt que les sucres (dans un société où notre alimentation a tendance à être trop sucrée).

Sans refaire un cours sur la nutrition (pour les curieux je conseille le cours de Yuka, concis et facile à comprendre), en gros les deux réserves principales du corps humain sont les lipides (graisses) et les glucides (sucres), on puise d’abord notre énergie dans les glucides, ce qui peut prendre jusqu’à 16h voire 24h. Donc si notre alimentation est majoritairement composée de glucides (pâtes, pain, etc.) et si on ne s’arrête jamais de manger, alors le corps ne va jamais puiser dans ses réserves de graisse.

Au delà de puiser dans des réserves (qui se renouvelleront) et d’ainsi lutter contre tout forme de stockage inutile de graisse, c’est à dire de surpoids, le jeûne aurait aussi d’autres vertus, comme renforcer le système immunitaire, éliminer les toxines, augmenter l’espérance de vie…

Dans la pratique il existe de nombreuses différentes formes de jeûnes intermittents, allant de 16h / jour à 2 jours / semaine.

Plus tard j’ai lu et entendu des gens parler de jeûnes plus longs, 3 jours, une semaine, voire même plus de 3 semaines (!).
Ce jeûne long aurait apparemment des vertus supplémentaires, il est même utilisé comme une thérapie dans certains centres, parce qu’il active des mécanismes de renouvellement cellulaire qui permettent de soigner des tendinites, de l’arthrose, de prévenir de maladies cardiovasculaires, du diabète, etc.

Bref, je ne sais pas si tous ces pouvoirs du jeûne sont prouvés rigoureusement, cependant je pense que nous avons des corps de chasseurs-cueilleurs mieux adaptés à jeûner par intermittence qu’à manger trois fois par jour à heures fixes.

Et l’idée de mettre mon système digestif au repos pendant une semaine me tente.

Quelques conseils

  • Je conseille à toute personne qui veut jeûner de faire au préalable une journée de jeûne : 24h du dîner au dîner par exemple, pour voir comment le corps réagit.
  • Le jeûne est déconseillé aux personnes faibles, sujettes à l’hypoglycémie, enceintes, etc.
  • Pour un jeûne long (>7j) il est mieux d’avoir un avis voire un suivi médical.
  • Pendant le jeûne il faut être attentif aux signes et à l’écoute de son corps. Si des symptômes inquiétants surviennent (palpitations, évanouissement, etc.) il vaut mieux arrêter.

Descente et reprise alimentaire :

  • Avant de commencer le jeûne il faut faire une « descente alimentaire » d’une durée environ égale au jeûne, c’est à dire diminuer les quantités et proscrire certains aliments petit à petit pour se concentrer sur fruits et légumes. L’intérêt de la descente est d’éviter un pic de faiblesse au bout de 1 ou 2 jours de jeûne.
  • À la fin du jeûne il faut reprendre progressivement l’alimentation, et c’est encore plus important que la descente car l’organisme doit se « réveiller » doucement de sa sieste et ne pas être agressé par des aliments indigestes ou toxiques qui pourraient gâcher le jeûne effectué.

Mon retour d’expérience

Ça faisait vraiment longtemps que je voulais essayer, mais je ne trouvais jamais le moment. Évidemment une semaine sans manger n’est pas compatible avec la pratique d’activités sportives, et comme je n’avais pas envie de me priver d’une ou deux semaines de sport en plus de me priver de nourriture, je repoussais tout le temps ce défi.

Alors quelle meilleure période que le confinement pour se lancer ?
Ça peut sembler un peu masochiste de se rajouter une contrainte, mais personnellement comme de toute façon je ne peux (presque) pas sortir faire du sport, c’est l’occasion ou jamais.

Alors c’est parti !

Voici le petit journal que j’ai tenu au jour le jour :

Jour 1 – Lundi 30 mars : 9h30 de sommeil. 1,1L d’eau.
Ce premier jour est déjà difficile, je me suis endormi tard et levé très tard. La sensation de faim est très présente, j’ai froid aux extrémités, je manque d’énergie. Pour ne pas penser à la faim je passe trop de temps sur des jeux vidéos. Contrairement à un jeûne intermittent d’une journée, j’ai faim dès le début, c’est certainement dû à la descente alimentaire qui fait que je suis déjà en train de brûler mes réserves de lipides.

Jour 2Mardi 31 mars : 8h45 de sommeil. 1,25L d’eau.
Encore une mauvaise nuit et un réveil difficile. La fatigue et la faim sont importantes dans la matinée, et je ressens quelques vertiges et maux de tête. Je prends le soleil sur mon balcon en début d’après-midi, ce qui me fait du bien, m’apporte un peu d’énergie, et rend l’après-midi plus agréable. Je fais une insomnie avant de dormir jusqu’à 3h30 du matin.

Jour 3 – Mercredi 1er avril : 7h30 de sommeil. 1,45L d’eau.
Je me lève tard mais les sensations sont meilleures dès le matin, je sens plus d’énergie aujourd’hui et je fais même une courte séance de PPG (difficile quand même) vers 16h après un soleil bénéfique. J’ai aussi plus de facilité à travailler mais me sens toujours un peu faible, je sens quelques vertiges et maux de tête. Aucun sommeil avant 3h30 du matin.

Jour 4 – Jeudi 2 avril : 7h de sommeil. 1,4L d’eau.
Une journée qui se passe plutôt bien, avec plus de facilité à travailler (plus de 5h). La sensation de faim continue de faire des va-et-vient et est de retour dans la soirée, avec quelques maux de tête. Mais j’ai toujours du mal à m’endormir malgré la fatigue.

Jour 5 – Vendredi 3 avril : 8h15 de sommeil. 1,3L d’eau.
La matinée très difficile, fatigue, maux de tête, impossibilité de travailler. Je suis obligé de m’allonger, et finis par faire une sieste de 1h30, qui me remet un peu d’aplomb. La journée est dans l’ensemble bien plus difficile qu’hier et avant-hier, pas de pause soleil, trop de jeux vidéos, la sensation de vide et de faim est de nouveau très présente. Je m’endors à plus de 4h du matin.

Jour 6 – Samedi 4 avril : 8h de sommeil. 1,2L d’eau.
Je vais beaucoup mieux qu’hier ! Moins de sensation de faim, moins de fatigue, moins de maux de tête, je me suis levé tard et le sommeil n’y est sans doute pas pour rien. Je sens assez d’énergie pour sortir marcher 1h au soleil, j’en profite pour passer faire les courses pour ma reprise alimentaire. Ç’aurait été inenvisageable hier… Malgré tout l’endormissement reste toujours très difficile.

Jour 7 – Dimanche 5 avril : 7h30 de sommeil. 1,7L d’eau.
Je vais relativement bien, la perspective de terminer à 20h est réjouissante. Je reste tout de même fatigué et hypotendu (je pense que c’est ce qui explique mes vertiges de toute la semaine). Je suis allé à la laverie et monter les escaliers sur 4 étages me fatigue beaucoup proportionnellement à l’effort que ça représente normalement.

20h : Bonheur de rompre le jeûne ! Je suis content d’avoir réussi mon défi, et content d’en avoir fini avec cette expérience éprouvante. Le petit bol de soupe est un régal, les aliments explosent de saveur dans ma bouche, à 4h d’intervalle. Je m’octroie un carré de chocolat, c’est pas bien mais c’est divin. Je me sens rempli et m’endors déjà beaucoup mieux, vers 2h.

Bilan – une semaine plus tard :
Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi dur, franchement je ne suis pas prêt de le refaire ! À part le 6ème jour, je suis un peu déçu de ne pas avoir vécu cette expérience de « déborder d’énergie » au bout d’un moment, dont beaucoup parlent sur internet.
Si je refais un jeûne long un jour ce sera probablement soit pour seulement 3 ou 4 jours soit avec des bouillons de légumes le soir.

Par ailleurs j’ai perdu 5kg en 7 jours (et 7kg en 2 semaines en comptant la descente alimentaire). Je vais les retrouver quasiment aussi vite, car l’objectif n’était pas du tout de perdre du poids (ce serait vraiment une mauvaise raison de le faire), mais la statistique me semblait intéressante.

Bon c’est sûr que se priver du plaisir de cuisiner et de manger pendant le confinement c’est pas très fun. La vie me paraît tellement plus belle depuis que je me suis remis à manger. Ça fait maintenant 8 jours que le jeûne est terminé, ma reprise alimentaire est finie et hier, pour Pâques, je me suis fait une « bonne bouffe » avec même un petit verre de vin, et ça fait franchement plaisir !

En tout cas, comme toujours, c’est lorsque l’on en manque qu’on se rend compte de l’importance des choses. Ça vaut pour à peu près tout dans le monde, ses proches quand on est loin, l’extérieur pendant le confinement, etc. La nourriture pendant un jeûne ne fait pas exception.
Certes je n’avais besoin de jeûner pour savoir que la nourriture c’est important, mais cette importance prend tout de même une dimension supplémentaire : une expérience comme celle-ci permet de réaliser la chance que nous avons de vivre dans un monde où son manque n’existe pas, où toute sorte de nourriture est disponible sans fournir aucun effort et à prix raisonnable dans les supermarchés ou sur les marchés. En France depuis la seconde guerre mondiale nous n’avons jamais vécu de pénurie de nourriture. N’oublions pas quand dans des régions défavorisées du monde la famine est dévastatrice (on parle de beaucoup plus de victimes que le Coronavirus).
D’ailleurs même si je n’y attache pas forcément une dimension spirituelle, je trouve que faire ce jeûne pendant la période du Carême a aussi du sens.

Sources et ressources

Pour aller plus loin, voici quelques articles que j’avais lus sur le sujet :
Des chercheurs encouragent la population à jeûner 2 jours par semaine
Comment jeûner ?
Les surprenantes vertus du jeûne
Comment bien jeûner ? 13 choses essentielles à savoir

Et quelques vidéos :
Des youtubeurs qui font un retour d’expérience (et qui m’ont donné envie d’essayer) :
Vincent Magni
Hit the road
SUPER HECO
Et des vidéos plus longues :
Reportage Arte, le jeûne une nouvelle thérapie ?
Conférence à l’ESSEC sur l’art de jeûner

Et comme toujours, l’avis de Wiki.

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